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  • Marie Botturi

pourquoi j'écris

Mis à jour : il y a 5 jours



Écrire pour demeurer éveillée, lutter contre toute anesthésie, contre les manipulations diverses, conscientes ou inconscientes, qui gouvernent tout notre être, cœur, esprit et corps.

Écrire pour donner jour aux cris qui se taisent, laisser se dire notre parole propre, notre parole d’enfance, notre parole rebelle.

Écrire pour ne pas mourir.

Écrire pour se libérer, respirer plus large.

Écrire pour ne pas oublier.

Écrire pour trouver la paix.


Mais plus l’on écrit, plus l’on a l’impression d’être en dessous de ce que l’on voulait écrire ou devrait écrire.


L’écriture est mon nid.

Écrire c’est aimer deux fois.

Écrire pour s'éveiller et se réveiller.

Écrire , communiquer en souterrain avec des inconnus.

Écrire pour entrer dans le murmure de la vie, pour l’élargir, creuser le silence où cette vie se donne à profusion.


Dans « Consolation de la nuit », Jean Sulivan dit : « Écrire n’est-ce pas se lever au milieu de la nuit, parmi les choses réelles et irréelles, proches et étrangères, aller jusqu’au bout de sa folie, troubler le sommeil des gisants, annoncer l’aube ? »


Écrire pour s’observer, se confronter à soi-même. Parfois pour briser l’isolement, le rendre supportable.

Écrire, marcher vers l'inconnu, tenter de se connaître et puis se perdre comme si l'on ne se connaissait qu'en se perdant.

Écrire, à la fois magnifier la vie et s’ajuster à la mort.

Écrire pour dire la blessure du monde et sa joie surabondante, crier la fulgurance du monde.

Écrire, être à l'écoute de sa petite musique, le murmure incessant d'une parole qui emplit tout l'être.

Écrire pour retrouver ce qu’on a oublié ou voulu détruire en soi.

Écrire, faire fructifier son jardin intérieur.

Écrire, marcher vers sa nudité, retrouver sa sauvageté, une parole silencieuse, plus forte que tous les conditionnements.

Écrire parce que la vie ne suffit pas.

Écrire, tâtonner, marcher entre ombre et lumière.

Écrire pour rejoindre l’univers, communier avec lui en souterrain, renaître sans cesse.

Écrire pour dire le presque rien des visages qu’on n’oublie pas, le bruissement des hirondelles qui virent sous le ventre des nuages ; le silence du matin, la vie qui renaît lentement, la lumière qui coule à flot dans la cuisine, les brouillards d'or au loin.

Écrire donne de la lumière, comme l'amour, tandis que l'on marche à tâtons. Une lumière baignée de nuit, une nuit baignée de lumière, ombre-lumière, ombre de mon amour.

Écrire, comme lire, chant involontaire qui fait vivre, qui clame la beauté en dépit de tout. Qui redonne des pailles d'espoir quand on est au fond du désespoir, on ne sait comment, cela vient...

Écrire avec son espoir et son désespoir, éclairer à mesure, avec les mots, une route inconnue.

Écrire pour s’unir à la grande solitude intérieure créatrice.

Écrire, traverser le désert, accéder à l’eau, au pain, à la liberté.

Écrire, y laisser son cœur, son corps, son âme, brûler et renaître désenchaîné, libre, libre...

Écrire pour lutter contre le conformisme qui anesthésie la force de l'âme en soi, contre la lâcheté des habitudes mentales qui refoulent notre vie intime.

Écrire pour penser par soi-même.

Écrire, c'est être nu. L'écriture c'est la nudité, c'est impalpable comme le sable sur la plage qui file entre les doigts.

Écrire, ça vous renverse et ça vous tient debout.


"Comment me vint l'écriture ? Comme un duvet d'oiseau sur ma vitre, en hiver. Aussitôt s'éleva dans l'âtre une bataille de tisons qui n'a pas encore à présent, pris fin." (René Char, "La parole en archipel").


Écrire et la vie se donne à profusion, les rêves se libèrent.

Et revenir encore à Jean Sulivan pour qui écrire, lire, aimer, être en poésie, danser, c’est la même histoire :

« PARCE QUE L’ÉCRITURE, LA DANSE, L’AMOUR, C’EST PAREIL.
LOVE IS LOVE »

« Un livre, un poème, c’est physique d’âme. Ça vous sort du corps ou ça entre dedans, mots, musique, esprit, sang-soleil, semence ou quoi ? Ne le savais-tu pas ? Parce que l’écriture, la danse, l’amour c’est pareil, love is love. Sous la peau des mots bat le sang des mains. Et croyais-tu qu’on pouvait écrire ou lire sans se blesser ? As-tu donc oublié que la terre est issue du soleil, fille-soleil, sang-soleil, et l’alléluia des volcans, leurs rugissements d’allégresse et les pourpres en pleurs qui s’écoulent de leurs flancs, le glorieux mal d’amour, tout ce sang qui s’échappe le soir à gros bouillons dans le ciel que tranche l’horizon, sourire éclaté, Bouddha s’ouvre, livre violé, poème livré, tandis que les mots éclosent, que s’échappent les oiseaux, les bariolés, les flamboyants, là-bas, de toutes les couleurs… »

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